Nice Premium : Zoom sur l’Anices

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    Lien vers l’article 

    Article du 5 février 2019

    Créée en 2007, l’Anices*, initie les personnes atteintes de handicap à différents sports. Avec seulement une dizaine d’adhérents au début du projet, le groupe compte aujourd’hui dix sections sportives et 174 membres.
    Une immense fierté pour le Président-fondateur Sébastien Filippini qui, à l’occasion d’un entraînement de Torball, présente les membres de son association.

    Le torball, ce nom n’évoque a priori pas grand-chose dans l’esprit collectif, et pourtant c’est bel et bien l’activité-phare de l’Anices.
    C’est dans le gymnase de l’école Terra Amata que les différentes catégories s’entraînent plusieurs fois par semaine de 19h à 21h.
    Le terrain se met en place petit à petit, les adhérents arrivent chacun leur tour, les ballons sont gonflés une dernière fois, c’est l’heure !
    Au programme de la séance du jour pour les quatre divisions masculines présentes ce soir, des exercices de tirs et une série de matchs.

    Né après la Seconde Guerre Mondial, ce sport destiné aux déficients visuels est une sorte de dérivé du handball.
    L’objectif est simple, inscrire plus de buts que l’adversaire à l’aide d’un ballon sonore*.
    Une équipe est composée de trois joueurs, ces derniers doivent protéger les cages longues de 7 mètres et de 1 mètre 30 de haut. Des ficelles sont attachées quelques centimètres au-dessus de la surface de jeu. Les grelots accrochés à chacune de ces cordes indiquent aux participants sur le terrain si le tir effectué est bon. Si elles ne retentissent pas, le ballon a bien traversé le terrain en dessous des obstacles. A l’inverse, quand les petites résonances aiguës se font entendre dans la salle, le lancer n’est pas valide et c’est une pénalité pour le tireur.

    L’ouïe joue donc un rôle primordial, même les spectateurs assis dans le gymnase se doivent d’être silencieux pour permettre aux participants de se concentrer. Chaque équipe a le droit d’avoir une personne voyante dans ses rangs, c’est le cas d’Alexandre salarié à l’Anices depuis 2008 (François et non pas Alexandre et salarié depuis 2014). “ J’ai vraiment gommé leurs handicaps, ils sont plus à l’aise que moi dans le déplacement car ils ont l’habitude d’être dans le noir ” explique-t-il. Car oui, des lunettes de ski doublé d’une feuille de plastique placent tout le monde sur un même pied d’égalité, personne ne peut visualiser l’aire de jeu. Sans anticiper la frappe, les joueurs sont positionnés à genoux, et plongent au sol directement au son du ballon pour bloquer les tirs adverses avec toutes les parties de leur corps. Le bruit du cuir venant claquer la peau des protagonistes durant le match est impressionnant. “ J’ai eu le nez cassé et j’ai perdu des dents à cause de chocs donc je porte un casque maintenant en plus de la coquille, des coudières et des genouillères ” s’exclame Bernard. Malvoyant de naissance, il rejoint l’association en 2007 avec sa femme Lena, secrétaire bénévole du club et arbitre de torball. Entre deux parties il raconte ses meilleurs souvenirs : “ On a été champions consécutivement de D4, D3, D2, c’était génial. J’ai pris un immense plaisir à voyager pour des tournois internationaux en Belgique, Autriche, en Suisse et en Italie. ”

    Solidarité , mixité et partage, des valeurs mises en avant à travers les multiples sports au sein de l’Anices. Chaque adhérent peut pratiquer plusieurs disciplines parmi la dizaine d’activité proposée : athlétisme, parasnowboard, blind tennis, natation, fitness etc. C’est le cas d’Olivier masseur-kinésithérapeute à l’hôpital l’Archet. Originaire de la région parisienne, ce déficient visuel a trouvé au sein du collectif une deuxième famille à son arrivée à Nice en 2012. “ Grâce au torball, à la course à pied, et au tandem, j’ai pu rencontrer des gens sur qui je peux compter et qui me font oublier mon handicap ” admet l’homme de 53 ans. Outre le côté sportif, l’association crée des liens forts et donne une conscience de groupe à ses membres. Gilles est arrivé il y a 4 ans, simple stagiaire il s’est laissé séduire par l’aventure avec cette “ belle bande de potes.” Aujourd’hui, le jeune homme de 27 ans est joueur de torball et coach de la D3 parallèlement à son métier de chauffeur-livreur.

    Actuellement premier de Torball D1 sur la phase aller, Nice a réalisé une bonne première partie de saison. Sébastien Filippini, Président mais aussi pratiquant est confiant pour la phase retour et prépare ses troupes à des oppositions difficiles en juin prochain à Besançon. Cet ancien gardien de but dans les sections jeunes de l’OGC Nice, devenu malvoyant à l’âge adulte, a su insuffler cet esprit de compétition à son entourage. Depuis plus de 10 ans à la tête de sa création, il oeuvre avec ses partenaires au développement et à la sensibilisation autour du sport adapté aux personnes atteintes de handicap. “ Même si les aides diminuent, je suis fier du travail accompli durant toutes ces années avec l’aide de tout le monde. Nous allons dans les écoles pour initier les jeunes et faire découvrir notre action.” Garant de l’ambiance conviviale, l’entraînement s’est terminé par un petit buffet chaleureux.

    En 2019 la recette n’a pas changé, le juste assaisonnement entre bonne entente et détermination semble toujours être la clé de la réussite. En témoigne la troisième place obtenue lors de la phase aller de D4 par l’équipe réserve 3 et la seconde marche du podium acquise par l’équipe 2 de D3. Une année remplie de trophées espère donc l’Anices, ce qui permettrait d’attirer la lumière sur le travail de ces hommes et femmes courageux, œuvrant pour l’intégration de tous au sein de notre société.

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